Choisir un coach professionnel
Régulièrement, je suis interpellée par des personnes qui critiquent sévèrement le coaching ; par méconnaissance et parfois encore, sur la base fondée de rencontres ou d’expériences qui, malgré une exigence de professionnalisation croissante des coachs, ne sont pas alignées sur les standards de la profession. Lorsqu’il y a presque 10 ans, j’ai choisi d’exercer mon métier à la marge de l’entreprise, je ne voulais pas prêter attention à ce type de remarque : « Patience, me disais-je, le marché fera le tri ». J’avais tort ; à l’époque, il n’en avait pas vraiment les moyens.
Aujourd’hui les critères de sélection pour choisir son coach existent. Le premier est l’adhésion à une association professionnelle de coaching (en France principalement SFCoach, AEC/EMCC , ICF , FFC Pro) qui garantit un cadre déontologique à l’exercice de la profession et constitue un recours juridique pour le client.
Les standards de la profession tels que définis par les associations professionnelles requièrent de la part du coach :
- bien évidemment d’avoir suivi un cursus de formation certifiant ou diplômant (généralement pluridisciplinaire) et d’être dans un processus d’apprentissage continue
- d’avoir une pratique éprouvée de l’accompagnement (statut professionnel, nombre d’heures d’accompagnement, etc…)
Mais aussi et surtout pour les coachs confirmés :
- d’avoir une connaissance approfondie des organisations ; des contraintes économiques, des logiques de gestion, des politiques de management, des tensions, des jeux de pouvoir qui s’exercent sur le libre arbitre de leurs clients
- d’avoir effectué un travail approfondi sur soi, terminé ou en cours (travail généralement de nature analytique)
- d’avoir un lieu de supervision, « pilier de la construction identitaire » de tous les professionnels de l’accompagnement des individus (coachs, psychologues, psychanalystes, travailleurs sociaux).
De l’accompagnement de soi à l’accompagnement de l’autre
La supervision d’un coach par un autre coach ou thérapeute plus expérimenté est un espace pour travailler, à travers l’examen de situations de coaching, sur les conditions d’exercice de son métier : éthique, cadre, posture, relation, … La supervision permet de transformer les difficultés rencontrées en ressources, de permettre au praticien de faire les prises de conscience qui lui donnent confiance dans ses capacités à accompagner son client, avec ses doutes et ses limites.
Parce qu’un coach est une personne avec son histoire et ses blessures ; et qu’il est nécessaire de repérer ses propres projections pour ne pas entraver le déroulement du coaching.
Parce que l’accompagnement est bien plus qu’une accumulation « d’outils » ; l’essentiel se joue dans la relation que le coach et son client vont tisser. C’est la densité de la présence du coach, la qualité de la relation qu’il instaure, cette « immersion dans la relation vive à autrui » cadrée dans l’alliance spécifique que se situe la puissance du travail de coaching.
A tous ceux, coachs ou clients qui veulent en savoir plus cette exploration, je recommande la lecture d’un ouvrage collectif « Le grand livre de la supervision » édité sous la direction d’Emilie Devienne, qui rassemble les réflexions d’une vingtaine de superviseurs.
Il contribue largement à lever le voile sur une part intime du travail du coach. Et je ne suis surement pas la seule à espérer qu’il aidera les clients à faire preuve d’exigence dans le choix de leur coach.

